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Raymond Asselineau
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Raymond Asselineau


Pour le visiteur averti qui pénétrera jusqu'au 22 Novembre en la Galerie Vauban‚ l'impression première ressentie devant l'exposition du Maître Raymond Asselineau sera d'y découvrir la douceur des ciels d'Alfred Sisley‚ les feuillages légers de Claude Monet‚ l'influence aussi de Camille Pissaro‚ et cependant s'il y a un peu de chacun de ces grands ancêtres dans la «manière» de Raymond Asselineau‚ il y a d'abord son coup de patte‚ sa technique qui sont bien à lui et qui sont toute son originalité. Mais comme eux aussi‚ devant son sujet et non en atelier‚ il peint en plein air.

Les dessins sont d'une extraordinaire facture. Leur exécution «en tourbillon» permet des légèretés inattendues‚ des réserves de blanc judicieusement observées‚ le tout concourant à la réalisation de précieux dessins intitulés «Les chalutiers de Concarneau» et le «Port de Monte–Carlo».

Les dijonnais amateurs de romantisme‚ de douceur‚ de bon dessin et de belles couleurs seront ravis par l'exposition de Raymond Asselineau.

Le bien Public 1969


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Chalutiers à Paimpol




Asselineau‚ dit Vincenot‚ peint tout simplement en ouvrant les yeux sur la nature‚ en se laissant imprégner par elle. Son désir : transmettre au spectateur éventuel l'émotion qu'il a ressentie devant un matin de brume sur l'étang de Panthier‚ un petit froid sec dans les vergers des Perrières‚ un soir de printemps dans les vignes de notre Côte. Pour le comprendre‚ point n'est besoin de notice explicative‚ ni de charabia préliminaire‚ qui ne sont le plus souvent que des circonstances aggravantes. Il n'est que de regarder ses œuvres et alors‚ il nous restitue‚ sans phrases‚ le parfum de l'heure et de l'endroit‚ avec les moyens techniques les plus humbles‚ les plus discrets‚ les plus purs qui soient.

C'est un technicien‚ qui cède sa place au poète‚ les deux étroitement associés dans la même entreprise. Le côté fragile est à peine visible ; tout se fond dans un grand bain de tendresse‚ et‚ d'une gouache à l'autre‚ c'est une page sensible qui s'ajoute à cette histoire bourguignonne que l'artiste raconte‚ sans faire appel au folklore. Asselineau a tout demandé à son pays‚ mais rien à la couleur locale‚ tout aux impondérables qui sont dans l'air.

Les Dépêches




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Les oliviers



La beauté‚ la souplesse dans l'exécution‚ le chatoiement des couleurs‚ la haute qualité du dessin sont autant d'atouts que possède Raymond Asselineau‚ professeur à notre Ecole nationale des Beaux–Arts‚ peintre exposant à la galerie Vauban. Et ces atouts‚ il en use avec une maîtrise admirable.

S'inspirant des précurseurs de la peinture contemporaine‚ il a repris la technique d'un Seurat quant au pointillisme ; mais Seurat était trop naïf dans ses expressions et R. Asselineau ne saurait le suivre. C'est presque Monet‚ aux touches de couleurs pures‚ et plus encore Sisley‚ si harmonieux‚ si poétique. Peut–être Bonnard aussi (nous pensons aux «Nymphéas») pour la variété‚ la dextérité du pinceau‚ avec‚ en sus‚ un infini respect de la forme. C'est en définitive du Raymond Asselineau qui a son style bien à lui et se définit lui–même comme un véritable expressionniste sans autre étiquette tapageuse.

Le bien Public




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Bourrasque de neige à Flavignerot



Toutes ces choses sont ravissantes‚ poétiques et claires comme des poèmes.
Asselineau est un poète ; mais chez lui‚ la poésie n'est jamais folklorique‚ elle vient des choses‚ elle brille dans l'infini. Il n'arrête pas d'être l'étonnant paysagiste que l'on connaît ; c'est là où il est le plus à l'aise. Il y a dans sa «Neige à Corcelles» un envoûtement que je subis. Il y a dans ses «marécages» le même densité‚ une atmosphère ondoyante qu'on retrouve dans «l'orage à Reulle–Vergy»‚ «la bourrasque de neige»‚ «les vignes en automne, dans «le village de Chevannes» ou «le contre–jour sur les monts».

Rarement‚ un peintre atteint à cette intensité qui vient de partout pour se cristalliser dans l'espace. C'est ici sans doute où le talent d'Asselineau plafonne ; son pointillisme trouve un excellent emploi dans la rivière d'Ouche‚ le plan d'eau de Panthier ou la bourrasque de neige‚ la vallèe au viaduc‚ le brouillard dans la friche. Mais trop riche pour s'arrêter à des impressions‚ Asselineau peint avec le même bonheur‚ un réalisme poétique‚ l'église St–Nicolas‚ les jardins des Perrières‚ la gare de Dijon‚ la place Darcy en lui donnant un air inédit‚ un village au pied de la colline.

Et il y a aux quatre coins de toutes ces œuvres un coup de patte qui est celui d'un poéte‚ mais également celui d'un artiste dont la sûreté est faite tout à la fois d'unité et d'équilibre — rien n'étant possible si on se contente d'écouter le lutin. Justement‚ tout l'art d'Asselineau est fait de réflexion et de bon sens ; mais franchement‚ il a été gâté : il a des dons exceptionnels qui le mettent aujourd'hui au rang des meilleurs.

J'applaudis.

Les Dépêches 1971



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