32_Tunisie

André Patte avait une indifférence manifeste (voire un mépris) pour l'argent. Il avait peu de besoins ou s'adaptait toujours avec ce qu'il possédait. Seule la peinture l'intéressait. À 72 ans, il n'avait toujours pas déposé son dossier pour sa retraite. Ces paperasses lui semblaient rébarbatives. Un jour qu'il peignait un modèle, la conversation vint sur ce sujet. Le modèle, qui était comptable, s'en offusqua et lui demanda l'autorisation de voir son dossier. Je doute qu'elle ait eu tous les papiers en main, mais, quelques mois plus tard, André Patte eut « une pension », modeste, il est vrai, de la part de la CNRO. (il avait travaillé dans le bâtiment). Mais immense avantage : la caisse de retraite possédait des « villages vacances » pour ses adhérents. Ce fut pour lui l'occasion de visiter, à prix modique, d'autres régions (Serre-Ponçon, Hyères, la Tunisie…) Après chaque séjour, il revenait les cartons remplis de dessins et d'aquarelles.